# Edito_Novembre 2015

En exigeant la mise à l’écart de son échevin, Freddy Breuwer, Marc Elsen a provoqué la chute de sa propre majorité et par ricochet la perte de son poste de bourgmestre. Conscient des conséquences potentielles de son ultimatum, il faut ici saluer son geste à sa juste valeur tant la personnalité polémique et clivante de l’échevin MR rendait impossible toute avancée constructive pour la Ville de Verviers, capitale de notre arrondissement.

Au-delà des querelles de personnes qui donnaient une image catastrophique de Verviers, mais aussi de la politique, cette nouvelle majorité PS-cdH sera sans doute plus à même de répondre aux aspirations des Verviétoises et Verviétois et aux nombreux défis auxquels la ville de Verviers est confrontée. Il est important de rappeler à ce titre que la nouvelle majorité a une assise électorale plus importante que l’ancienne que ce soit en sièges ou en nombre de voix. Rappelons également que si le MR se présentait à l’époque comme le grand vainqueur des élections communales, cela était surtout le fait d’un score particulièrement faible en 2006 (16,44%) à l’inverse de celui des socialistes (36,67%) particulièrement haut. Les élections de 2012 constituaient donc bien plus un rééquilibrage du rapport de force politique entre les trois partis traditionnels (PS, cdH, MR) qu’une percée historique des libéraux verviétois comme cela a été souvent présenté.

Le PS en choisissant de s’allier avec le cdH pour terminer cette mandature a fait le choix d’une majorité à la fois plus sereine, mais aussi plus progressiste qui correspond mieux à la sociologie actuelle de Verviers. Le seul choix possible quand on veut bien se rappeler la campagne très à droite menée en 2012 par le MR centrée sur la stigmatisation des pauvres et des étrangers, les polémiques du président du CPAS de l’époque à l’égard des associations actives dans l’apprentissage du français langue étrangère, sans oublier plus récemment les négociations très dures avec le personnel de la Ville.

Pour avancer, la nouvelle majorité devra définir un projet de développement local cohérent, intégré et durable qui se base sur les atouts de Verviers: une situation géographique avantageuse, une périphérie riche, un patrimoine naturel et architectural de grande qualité, des partenaires sociaux qui s’investissent, un tissu associatif dense et développé, et last but not least des citoyens qui portent un attachement très important à leur ville et leur région.

Une dynamique territoriale qui doit permettre à la ville de retrouver son rôle de capitale d’arrondissement en recréant, notamment, des liens et des solidarités entre urbanité et ruralité. L’avenir de Verviers, c’est la supracommunalité!

Philippe Taquet, Secrétaire fédéral
Denis Gobert, Président